Méthodologie

Mémoire des Hommes : une base de 203 000 morts, riche et complexe

Le ministère de la Défense a mis en ligne sur le site Mémoire des hommes une base de données des militaires décédés au cours de la Seconde Guerre Mondiale.

Ce travail a été coordonné par Olivier Wieviorka, professeur d’histoire contemporaine à l’École normale supérieure de Cachan qui le présente dans la vidéo suivante.

L’harmonisation de la base

Tout d’abord, nous tenons à remercier le ministère de la Défense et surtout le service Mémoire des Hommes (SGA) de nous avoir délivré une version électronique de la base.

Nous avons travaillé à partir d’un fichier contenant des informations relatives à l’état-civil des soldats (nom, prénom, unité de rattachement, date et lieu de naissance), ainsi que la date, le lieu et la cause du décès auxquels s’ajoute la mention « Mort pour la France » quand elle a été délivrée.

Les données sur lesquelles s’appuie cet atlas ont fait l’objet d’un traitement important pour éliminer certaines erreurs. Dans la base originale, 45 % des données seulement sont complètes et bien référencées.

Précisions sur les lieux de décès

Dans la base Mémoire des Hommes, les indications relatives aux lieux de décès ne sont pas harmonisées. Elles manquent dans 35 % des cas, et l’origine géographique n’est indiquée que pour 30 % des militaires. Dans le cas de la campagne de France, l’origine départementale est signalée pour 94 % des soldats nés en France. Quand l’origine nationale est inconnue, nous avons tenté d’apporter des compléments d’informations à partir d’un travail fiche et par fiche.

Les lieux de décès ont été vérifiés et harmonisés à partir de la base des communes au 1er janvier 2020. Les lieux-dits ont été intégrés lorsque c’était possible ainsi que les noms des anciennes communes. Lorsque la fiche indique un lieu approximatif du type « sur la route de Montauban à Toulouse », ou « Col d’Agnel » et « Forêt de Mormal », nous avons rattaché le lieu à la commune la plus probable car ces espaces sont intercommunaux et un doute subsiste.

Pour retrouver les lieux de décès imprécis ou absents, nous nous sommes appuyés sur deux autres éléments : le régiment et la date de décès. Puis nous avons agrégé ces données au niveau du canton. C’est pourquoi les cartographies proposées sont présentées sur cette base cantonale qui permet de limiter les erreurs.

La même opération a été entreprise à propos des indications relatives aux régiments, mais cela a été très difficile et de nombreuses unités demeurent inconnues en raison des changements fréquents d’appellation des régiments.

Concernant l’origine nationale des miliaires, la base est relativement complète pour les soldats nés en France dont nous connaissons l’origine départementale à 93 %. C’est plus difficile pour les soldats nés à l’étranger, dans les colonies françaises ou dans un autre pays. La base pour l’armée coloniale est particulièrement difficile à exploiter. Cette base est aussi incomplète pour les régiments de volontaires étrangers.

Nous avons travaillé sur les prénoms qui sont très normalisés dans l’État-civil français des années 1920. A partir de la base des prénoms, nous pouvons définir les origines des soldats décédés portant un prénom caractéristique de l’État-civil français. Dans cet atlas, ils apparaissent sous la rubrique « France* ». Nous sommes conscients que cette catégorie intègre probablement une proportion de soldats nés dans les colonies françaises. Pour les soldats non répertoriés comme nés en France, nous avons réalisé la même approximation.

L’étude du corpus des prénoms a permis de rattacher bon nombre de militaires à une région d’origine (Afrique de l’Ouest, de l’Est, du Nord, Madagascar et Indochine). Il n’a cependant pas été possible de rattacher ces militaires à un État actuel.

Précisions sur la date de décès

Lorsqu’il existe une incohérence entre le lieu et la date du décès, nous avons tenté de corriger les erreurs subsistantes. Il reste tout de même un certain nombre d’interrogations concernant des décès survenus en 1939. Lorsque le jour ou le mois ne sont pas indiqués, nous avons utilisé les informations relatives au régiment et au lieu de combat pour compléter les données.

Précisions concernant le statut des militaires

Dans la base, il existe trois niveaux de statuts. Le plus fréquent est celui des « morts pour la France », les plus nombreux, qui rassemble les victimes d’un fait de guerre incluant maladies ou accidents. Cette qualification ne pose pas de difficultés pour les années 1939 et 1940, mais s’avère plus délicate après juin 1940. Par exemple, les marins tués par les alliés à Mers-El-Kébir en 1940 sont ainsi « morts pour la France ». Nous avons choisi d’exclure de cet atlas les non-morts pour la France. Pour certaines fiches, le statut n’est pas précisé. L’indication du lieu de décès et celle du régiment ont alors été utilisées pour réintégrer un certain nombre de soldats dans la base. Malheureusement, certaines fiches n’ont pu être complétées, notamment celles des 200 soldats coloniaux indiqués « disparus » en 1940.

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