Lieux des combats et pertes françaises (12 juin – 17 juin 1940) : de replis en replis

A partir du 12 juin débute la dernière phase de la campagne de France. Très affaiblie par la bataille du Nord, l’armée française subit de lourdes pertes.

Carte – Lieux de décès des soldats entre le 12 et le 17 juin 1940

Weygand émet un ordre de repli général qui a pour but de regrouper les troupes restantes et éviter un encerclement de la ligne Maginot que les unités de forteresse doivent abandonner. Des secteurs de forte résistance comme à Montmédy abandonnent leurs positions et détruisent leurs armes.

Le 12 juin, la bataille autour de Saint-Valéry-en-Caux en Haute-Normandie s’achève. Rommel capture 26 000 soldats alliés et leur matériel. L’effondrement normand oblige à un repli rapide du front sur la Seine puis vers le sud de Paris et vers la Loire. La ligne Chauvineau qui avait résisté est abandonnée.

C’est l’ensemble du front qui est percé puisqu’à l’Est, Paris est menacé par le groupe blindé Von Kleist qui traverse la champagne vers Troyes et par les autres unités qui se dirigent à travers la Normandie vers la Bretagne et la Loire.

En dépit des combats sur le canal de L’0urcq (24e BCA), Paris est officiellement déclarée « ville ouverte » et l’armée de Paris doit se replier sur la Loire. L’exode des Parisiens s’accélère et leurs convois se mêlent à une armée démoralisée et en repli. Le gouvernement divisé se replie sur Bordeaux et de Gaulle est envoyé à Londres pour obtenir un soutien anglais désormais tourné vers la défense de son pays. Les troupes anglaises sont rembarquées au Havre le 13 juin, mais ils n’abandonnent pas la France puisque d’autres troupes débarquent dans le Cotentin à Cherbourg-Octeville pour soutenir un « réduit breton ».

Les blindés de Guderian ouvrent la voie de Dijon en atteignant Vitry-le-François et Saint-Dizier qui tombe le 14 juin. Pendant ce temps, les combats sont intenses à Verdun où la 3e Division d’infanterie coloniale résiste. Les premières escarmouches avec les Italiens ont lieu le 12 et le 13 autour de Saint-Martin-de-Vésubie tandis que les villes de Cannes et Toulon sont bombardées sans dégâts.

Le 14 juin, à 10 heures, Paris tombe complètement et les Allemands défilent sur les Champs Élysées.

Hitler décide d’en finir avec la ligne Maginot en lançant sa dernière offensive majeure sur la Sarre. C’est un secteur encore très bien défendu par deux régiments de mitrailleurs coloniaux (41e et 51e) et quatre régiments d’infanterie de forteresse ainsi que deux divisions de réserve, dont une Polonaise. Le choc est déséquilibré (18 000 hommes contre près de 100 000), mais le secteur est bien fortifié. Les combats sont très meurtriers et côté allemand les pertes sont très lourdes (Puttelange, Biding, Cappel…). Cette résistance farouche doit s’interrompre, car, comme le reste de la ligne Maginot, il faut se replier.

Pour les Allemands, il s’agit d’aller le plus vite possible sur trois zones : vers la Loire pour couper la mise en place d’un front dans ce secteur, vers les Alpes pour encercler les défenseurs français attaqués par les Italiens, vers la Suisse à travers la Franche Comté pour isoler les troupes qui abandonnent la ligne Maginot (près de 500 000 hommes). Face à cet encerclement et à cet effondrement, l’ordre de rembarquement de toutes les forces britanniques est émis le 15 juin. 

Le 16 juin, le sort politique de la France bascule. C’est la victoire des partisans de l’armistice qui œuvraient dans un gouvernement divisé depuis la fin de la ligne Weygand. Malgré une ultime proposition franco-britannique initiée par De Gaulle qui se trouve à Londres, Reynaud est mis en minorité. Pétain forme un nouveau gouvernement et notifie à l’Allemagne et à l’Italie qu’il désire un armistice. De retour à Bordeaux, de Gaulle est mis au courant et décide de continuer le combat à Londres.

Sur le terrain, les combats se poursuivent ainsi que les massacres de tirailleurs comme à Chartainvilliers et à Saint-Piat (26e RTS). La situation la plus difficile est celle du groupe d’armée n°2 qui est capturé autour de Besançon. Les 2e, 3e et 8e armées sont encerclées comme le prévoyait le plan allemand. A l’Est les combats sont parmi les plus violents. Si les Allemands progressent autour de Rhinau et de Marckolsheim, ils mettent en place des têtes de pont et les troupes françaises décrochent. L’évacuation des troupes alliées, essentiellement britanniques, se poursuit à Cherbourg et à Brest malgré les bombardements allemands. Pour faire face au risque d’encerclement de l’armée des Alpes, une petite armée (le groupement Cartier) est chargée de sécuriser la vallée du Rhône.

Le 17 juin est un moment déterminant, car Pétain à 12h30 annonce à la radio qu’il faut cesser le combat alors qu’il n’a pas encore la réponse allemande ni les conditions de l’armistice. Cet appel, malgré une rectification de Weygand, a pour conséquence de faire s’effondrer les combats. En effet, des unités se rendent, des civils (maires, députés et sénateurs) démantèlent les barricades et demandent aux troupes de partir ou de se rendre.

L’encerclement des armées du Nord Est est effective le 1er juin lorsque Guderian arrive à la frontière suisse. En Alsace, dans le secteur de Colmar et Schoenau les Allemands percent et Marckolsheim finit par tomber. Les Allemands sont désormais dans les plaines d’Alsace et les Français se replient sur leur dernier bastion : Les Vosges. Si des combats se déroulent dans les Alpes c’est sur la Loire que le dernier front organisé tente de contenir l’ennemi notamment autour de Gien.

Pour citer cet article : Claude Dupuy et Paul Maneuvrier-Hervieu, 2020, « Lieux des combats et pertes françaises (12 juin – 17 juin 1940): de replis en replis», Les Soldats Oubliés, (année, mois, jour de consultation), consulté depuis http://mortsoublies.fr.

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