Lieux des combats et pertes françaises (21 mai – 4 juin 1940)

Le 20 mai, l’arrivée de Guderian à Noyelles-sur-Mer change le cours de la campagne de France. Les alliés reculent et leurs armées sont coupées en deux. Ils doivent en effet contenir les assauts allemands à l’Ouest et à l’Est, prévenir l’encerclement qui menace au Nord avec la retraite de la Belgique et les menaces qui pèsent sur Paris.

Carte 1 – Cartographie dynamique des combats du 21 mai au 4 juin 1940

Au total, 14 570 soldats français tombent au combat entre entre le 21 mai et le 4 juin, jour de la prise de Dunkerque par les Allemands, soit 25 % des pertes de la campagne de France. Durant cette période, ce sont plus de 45 000 soldats qui sont mis hors de combat par les allemands et plusieurs centaines de milliers d’hommes faits prisonniers.

Carte 2 – Les combats du 21 mai au 4 juin 1940 : l’étau Allemand et la résistance Alliée

Sur cette carte, on peut distinguer les combats incessants sur la Somme et les Ardennes (d’Abbeville à Rethel) et la réduction une à une des poches de résistances alliées dans le Nord. Ce sont ces poches qui, par leurs combats, permettent le succès de l’opération Dynamo à Dunkerque. Pendant cette période, d’autres combats ont lieu en Belgique et sur la bande côtière des Pays-Bas.

Suite à ces combats, le 5 juin, il ne reste plus au général Weygand et à ses alliés qu’à reconstituer un front sur la Somme. La célèbre ligne Weygand.

Tableau 1 – Les pays de décès des soldats (21 mai – 4 juin)

Pays de décèsEffectifs
Belgique519
France14 013
Pays-Bas38
Ensemble14 570
Source : SGA-Mémoire des Hommes/Claude Dupuy

Entre le 21 mai et le 4 juin 1940, les lieux de décès des soldats sont localisés sur des territoires qui cherchent à contenir l’offensive Allemande vers Paris notamment dans la Somme (11,1%), les Ardennes (9,4%), la Meuse (4,1%) ou l’Oise (3,1%). Enfin, 39,3 % des soldats décèdent dans le département du Nord et 14,7 % dans le Pas-de-Calais en essyant de briser l’encerclement par des contre-attaques ou en résistant sur la ligne Maginot. .

Tableau 2 – Principales zones d’affrontement (21 mai – 4 juin 1940)

 DépartementsEffectifsPourcentages
Aisne4663,2
Alsace (Bas Rhin-Haut Rhin)640,4
Ardennes1 3639,4
Belfort70
Marne3322,3
Meurthe et Moselle690,5
Meuse5994,1
Moselle2121,5
Normandie550,4
Oise4453,1
Somme162011,1
Vosges150,1
Contenir l’ennemi (inconnu)1380,9
Total Contenir l’ennemi538536
Nord5 72139,3
Pas de Calais2 13714,7
Total Refuser l’encerclement785854,9
Retraite de Belgique et Pays Bas5573,8
En seconde ligne (autres départements)7705,3
Ensemble14 570100
Source : SGA-Mémoire des Hommes/Claude Dupuy

Tableau 3 – Origine géographique des soldats tués (21 mai – 4 juin)

Zone d’origineEffectifsPourcentagesPourcentages sur exprimés
Afrique de l’Ouest6904,74,7
Afrique du Nord1 1988,28,2
Asie (ex-colonies)160,10,1
Madagascar250,20,2
Moyen-Orient10,00,0
Total colonies et protectorat1 93013,213,2
Europe4393,03,0
France11 44178,578,5
France*7305,05,0
Total France12 17183,583,5
Amérique du Nord60,00,0
Amérique du Sud60,00,0
Antilles non françaises10,00,0
Total Amérique et Antilles130,00,1
Turquie*150,10,1
Autres20,00,0
Ensemble14 570100100
Source : SGA-Mémoire des Hommes/Claude Dupuy

Sur les 14 570 soldats décédés entre le 21 mai et 4 juin 1940, 78,5 % d’entre-eux sont nés en France et 13,2 % dans les colonies ou les protectorats français.

Tableau  4 – Décès par type d’unités (21 mai – 4 juin 1940)

Type d’unitéEffectifsPourcentagesPourcentages sur exprimés
Infanterie6 01641,341,3
Artillerie2 15714,814,8
Tirailleurs1 70211,711,7
Cavalerie1 0887,57,5
Train5293,63,6
Génie5063,53,5
Marine3682,52,5
Aviation3202,22,2
Pionniers2841,91,9
Légion2321,61,6
Régiment régional1941,31,3
Ouvriers1711,21,2
Chars1551,11,1
Transmissions930,60,6
Gendarmerie160,10,1
Garde républicaine150,10,1
dépôt (unité indéterminée)90,10,1
État-Major60,00,0
École50,00,0
Autres unités2431,71,7
inconnu4613,23,2
Ensemble14 570100100
Source : SGA-Mémoire des Hommes/Claude Dupuy

En majorité (53 %), les soldats décédés durant cette période sont issus des rangs de l’infanterie (infanterie et tirailleurs). Le 4 juin 1940, l’armée française a ainsi perdu une part important de ses capacités de mobilité et de résistance.

Pour citer cet article : Claude Dupuy et Paul Maneuvrier-Hervieu, 2020, «Lieux des combats et pertes français (21 mai – 4 juin 1940) », Les Soldats Oubliés, (année, mois, jour de consultation), consulté depuis http://mortsoublies.fr.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s